Alors que la semaine dernière, nous signions une convention avec nos homologues belges afin de partager nos formations, nos expertises et nos retours d’expérience ; alors que, dans le même temps, avec la Filt 120, nous organisions le deuxième cross de l’Ensosp, ouvert à nos collègues en uniforme des services d’incendie et de secours, aux forces de sécurité ainsi qu’aux personnels administratifs et techniques ; alors que cette semaine, nous avons le plaisir d’accueillir des délégations venues du Luxembourg et du Portugal, et que nous formons des sapeurs-pompier espagnols et monégasques, je souhaitais partager avec vous une réflexion sur le thème de l’ouverture.
L’ouverture se mesure dans les coopérations engagées, dans les échanges construits, dans la manière concrète de travailler avec les autres.
Elle part d’un constat. Les risques auxquels nous faisons face dépassent nos cadres habituels. Ils traversent les frontières, les organisations, les cultures professionnelles. Face à cela, aucune structure ne peut avancer seule. La réponse est forcément collective.
L’ouverture, c’est accepter que l’on ne détient pas toutes les solutions. C’est regarder ce qui se fait ailleurs non pas comme une comparaison, mais comme une opportunité de progresser. Une méthode différente n’est pas une remise en cause de la nôtre, c’est une chance de l’interroger, de l’affiner, de la renforcer.
C’est aussi savoir travailler au contact d’univers différents. Les métiers se croisent de plus en plus, les missions s’entremêlent, les situations exigent de la coordination immédiate. Là où chacun reste dans son périmètre, l’action se fragilise. Là où les échanges sont fluides, la réponse gagne en efficacité.
L’ouverture est également une condition du commandement. Décider aujourd’hui suppose de comprendre des environnements multiples, d’intégrer des contraintes variées, d’écouter des acteurs différents. Le commandement ne s’oppose pas à l’ouverture, il en dépend. Plus le regard est large, plus la décision est solide. Comme le rappelait Alain Peyrefitte, « le développement, c’est le mariage de l’ouverture au monde et des innovations croisées » : c’est bien dans cette capacité à aller chercher ailleurs que se construit la justesse de nos choix.
Elle ne remet pas en cause ce que nous sommes. Au contraire, elle oblige à mieux le maîtriser. Une organisation ouverte n’est pas une organisation diluée. C’est une organisation qui sait ce qu’elle vaut, et qui accepte de le confronter pour progresser.
C’est une responsabilité partagée. Faire vivre une culture capable de s’ouvrir sans se perdre, d’échanger sans se renier, d’évoluer sans se disperser.
Ouvrir, ce n’est pas s’éloigner de soi. C’est mieux tenir sa place dans un monde qui change.