Elle structure nos chaînes de commandement, garantit la cohérence de nos actions et la réussite de notre mission. Sans obéissance, la coordination s’effondre. Sans confiance, l’engagement est superficiel.

Pour être efficace, cette obéissance ne peut se réduire à la simple exécution réglementaire d’un ordre. Elle exige donc une adhésion consciente. Sur le terrain, un ordre n’a de sens que s’il est compris, intégré et porté par ceux qui l’exécutent.

L’obéissance véritable ne peut pas et ne doit pas reposer sur la peur de la sanction. Elle doit reposer sur la clarté, la cohérence et la légitimité de celui qui commande.

Dans les services administratifs comme en intervention, cette obéissance éclairée permet d’éviter deux écueils : le formalisme stérile, où l’on applique sans comprendre, et la rébellion inutile, où l’on conteste sans proposer. 

Elle trace une voie médiane : celle de la responsabilité partagée ou bien de la dépendance mutuelle acceptée pour reprendre un terme utilisé par le général Lecointre.

Chaque agent, chaque cadre, obéit non par passivité, mais parce qu’il se sent partie prenante d’un ensemble cohérent et juste. Parce qu’il se sent partie prenante d’un ensemble cohérent et juste.

C’est pourquoi l’obéissance n’est pas la soumission. L’obéissance ne s’oppose pas à la liberté. Choisir d’obéir traduit la capacité d’un individu à agir collectivement vers un objectif commun. Et quand cette obéissance s’exerce dans la confiance, elle devient moteur de performance, de cohésion et même d’épanouissement.

Mais pour que ce lien d’obéissance soit vivant, encore faut-il qu’il soit incarné. Car face à chaque ordre donné, il y a une personne. Derrière chaque mission accomplie, un visage, une voix, une relation humaine.

Le Général de Gaulle disait « On n’obéit bien qu’à ceux que l’on estime ».

Alors, souvenez-vous d’un professeur, d’un chef, d’un entraîneur sportif qui vous a marqué. 

Quelqu’un qui vous faisait donner le meilleur de vous-même. Vous n’agissiez pas par obligation, mais par envie, par choix. Vous vouliez être à la hauteur de sa confiance, de son regard, de son exigence. Ce n’était plus une obéissance contrainte, mais une obéissance d’adhésion. 

Cela porte un nom, ça s’appelle l’obéissance d’amitié.

Mais, allons plus loin. Demandons-nous : qu’a-t-il fait, ce professeur, ce chef, cet entraîneur pour que vous ayez envie de l’écouter, de le suivre, de lui obéir ? 

Qu’a-t-il fait concrètement ? Et comment, à notre tour, pourrions-nous susciter cette même envie autour de nous, au sein de nos équipes, au sein de notre corporation ?

C’est à ces questions que je vous invite à réfléchir, ensemble.