Il y a quinze jours, j’ai évoqué l’importance de savoir faire preuve de discernement, cette capacité essentielle à analyser, à comprendre et à décider avec justesse dans des environnements complexes. Dans son prolongement, j’ai souhaité aujourd’hui vous proposer une réflexion autour de la notion d’équilibre.
L’équilibre n’est pas une valeur en soi mais il est la condition de la stabilité qui est essentielle au bon exercice de nos missions.
Le mot « équilibre » vient du latin aequilibrium, qui désigne une situation d’égalité entre des forces opposées. Par extension, il renvoie à la capacité à concilier des exigences parfois contradictoires, sans en sacrifier aucune.
Cette question est au cœur de l’actualité de notre École.
La semaine dernière, la lieutenante Marie-Christelle Charbuillet (Filt 122) et le capitaine Rémi Pointecouteau (FIC26) ont brillamment participé, -puisqu’ils sont allés jusqu’en finale - au 2e concours d’éloquence organisé par le réseau des écoles du service public.
Alors qu'ils ne se connaissaient pas un mois auparavant, ils ont su conjuguer préparation rigoureuse, complémentarité et sincérité pour convaincre un jury exigeant dans une compétition de très haut niveau. Au-delà de leurs compétences opérationnelles, ils ont incarné les valeurs qui font la force de nos officiers : l'équilibre, l'adaptabilité et l'engagement humain. Recevez tous les deux une fois encore toutes nos félicitations, vous êtes de brillants ambassadeurs de l'Ensosp, des sapeurs-pompiers et de la Sécurité civile.
Les sujets qu’ils ont eu à traiter : « Peut-on concilier efficacité et humanité ? » et « Peut-on servir l’ordre sans asservir la liberté ? » ne sont pas uniquement des interrogations théoriques. Elles traversent quotidiennement l’action publique, et donc de manière évidente celle de nos services de secours.
Être efficace, c’est agir vite, décider, engager des moyens adaptés. Être humain, c’est écouter, comprendre, respecter, prendre en compte la vulnérabilité. L’encadrement, comme le commandement exigent de savoir maintenir cet équilibre : agir sans se durcir, décider sans se déshumaniser.
Enfin, cette semaine sera marquée par les premiers entrainements aux défilés du 14 juillet. L’exercice de l’ordre serré exige lui aussi une forme d’équilibre entre la coordination collective, la rigueur et la synchronisation. La justesse du mouvement individuel ne prend tout son sens que dans l’harmonie du groupe.
Pour les officiers que vous êtes, cette recherche d’équilibre doit être permanente. Elle suppose du discernement, mais aussi de la mesure, de la lucidité et une capacité à ne pas opposer ce qui doit plutôt être articulé. Enfin n’oubliez pas que l’équilibre n’est jamais acquis. Il se redéfinit dans chaque décision, dans chaque relation et dans chaque situation.