Après plusieurs semaines d'interruption de notre activité pédagogique, c'est avec une joie sincère que nous nous retrouvons aujourd'hui pour voir notre École retrouver toute sa vitalité.

Mais que l'on ne s'y trompe pas : cette interruption pédagogique n'a jamais été synonyme d'inactivité. Bien au contraire — elle a été le théâtre d'un engagement exceptionnel que je tiens aujourd'hui à honorer.

J'ai souhaité profiter de cette rentrée pour rendre hommage à une valeur que nous avons déjà évoquée cette année, mais que les dernières semaines sont venues illustrer avec une force et une intensité toutes particulières : l'engagement.

L'été que nous venons de vivre a mis à rude épreuve l'ensemble de la communauté de la sécurité civile. Face à une saison des feux d'une intensité rare, les sapeurs-pompiers ont été mobilisés sans relâche, et les colonnes de renfort se sont multipliées. Nombre d'entre elles ont trouvé à l'Ensosp un point d'accueil, de repos et de soutien avant de repartir au combat.

Nos cadres, eux aussi, ont répondu présents. Si nous renforçons traditionnellement les équipes du COZ Sud et du CNCASC, cette année nous sommes allés bien au-delà : une participation massive à la mobilisation en Gironde, dans les Landes, et sur l'ensemble des feux de la zone Sud. Les compétences de nos agents — en particulier dans la coordination des moyens aériens et des renforts européens — ont été sollicitées, reconnues et pleinement mises au service de l'opérationnel.

Mais soyons clairs : cet engagement n'est pas l'apanage de nos seuls collègues en uniforme. Nos capacités opérationnelles reposent sur l'implication de tous, sans exception.

Je veux ici saluer avec force nos agents administratifs et techniques. Certains ont pris une part active et concrète à cette mobilisation en assurant l'acheminement des personnels de relève vers la Gironde — pas moins de trois allers-retours par semaine, pendant cinq semaines. D'autres ont garanti, dans l'ombre, la continuité de fonctionnement de notre École, pour que chaque colonne de renfort soit accueillie dans les meilleures conditions. Et tout cela, je tiens à le souligner, en menant de front la préparation de cette rentrée, et dans des conditions rendues particulièrement éprouvantes par la panne de climatisation que nous avons subie.

Je veux également associer à ces remerciements nos prestataires : agents d'accueil, équipes de restauration, de nettoyage, de maintenance, de sécurité — tous ceux qui, chaque jour, font vivre nos sites. C'est aussi grâce à leur professionnalisme que les personnels venus en renfort ont pu être accueillis dignement.

Car c'est bien là un constat qu'il nous faut collectivement interroger : on ne retient généralement de l'engagement que sa face visible — l'intervention, la colonne de renfort, l'image du sapeur-pompier sur le terrain. Mais cet engagement-là ne serait rien sans tout ce qui se joue en amont, en soutien, dans l'ombre : la logistique qui suit, la continuité qui tient, la rigueur discrète de celles et ceux qui, jour après jour, rendent possible ce que l'on salue en surface.

Cet engagement invisible n'est pas secondaire. Il est la condition même de l'engagement visible. Et il mérite, tout autant, notre reconnaissance.

Non, l'engagement n'appartient pas aux seuls sapeurs-pompiers volontaires, professionnels ou militaires, ni aux seules forces de la sécurité civile. Il est celui de toutes celles et tous ceux qui, dans notre institution, à leur poste et à leur niveau, contribuent chaque jour à la réussite de notre mission commune : porter secours.