Officiers, stagiaires, personnels de l’École nationale… Il y a quelques semaines le directeur rappelait ceci : former un officier de sapeur-pompier ne consiste pas uniquement à transmettre des savoirs techniques et réglementaires ; il s’agit de construire une capacité à décider, à commander et à agir dans des situations précises, en développant progressivement l’autonomie, le discernement et la responsabilité

Il s’agit bien là de définir les notions de chef, de responsable, de manageur, de décideurs…

Permettez-moi en ce sens d’insister sur la différence fondamentale entre celle ou celui que l’on suit par obligation et le chef de fil que l’on suit par adhésion.

Jeunes ou plus expérimentés, nous, cadres en responsabilité, évoluons dans cet univers de la Sécurité civile avec un paquetage peu ou prou commun : une légère dose d’égo (et il en faut), un soupçon de fierté (et il en faut), une posture affirmée (et il en faut), des idées précises sur ce que l’on veut mettre en place, mais surtout, sur la manière dont on veut traduire tout cela dans le quotidien…

Et avec ce sac bien rempli, il pourrait être tentant d’imposer sa vision de manière trop unilatérale, trop rude, trop peu collective…

Un chef ne doit pas savoir tout faire, bien au contraire, on attend de lui qu’il comprenne les missions et les contraintes de chacun, on attend de lui qui analyse les situations, on attend de lui qu’il anticipe, on attend de lui qu’il considère celles et ceux qui œuvrent à ses côtés. Et par-dessus tout, on attend de lui une proximité adaptée permettant d’assurer un soutien indéfectible à son personnel.

C’est alors que l’on quitte l’univers étriqué d’un commandement par obligation, vers celui d’un commandement par adhésion ; à mon sens, l’approche la plus noble de notre exercice, permettant de construire une relation de confiance ; une pérennité dans l’exécution sans faille des missions ; et l’assurance d’un climat sain, propice à la productivité. 

Un chef, ce n’est pas celui qu’on a décrété chef ; c’est celui que la troupe a adopter comme tel… Tout cela bien entendu sans jamais rogner sur les impératifs tout aussi nécessaires, de rigueur ; de cadrage ; d’autorité bienveillante…   

Et pour na pas faire offense à notre traditionnelle digression latine, rappelons-nous que commandement prend vie chez son cousin historique « commandare » signifiant « confier, charger quelqu’un d’une mission » ; écho aux responsabilités que nous endossons en embrassant des carrières comme les nôtres…