L’étymologie du terme, qui vient du latin traditio, qui signifie « transmission », « action de remettre », est essentielle : la tradition n’est pas une répétition figée du passé, mais un héritage vivant que l’on reçoit pour mieux le transmettre.
Gustav Mahler, célèbre compositeur et chef d’orchestre autrichien du 19e siècle disait : « La tradition, ce n’est pas adorer les cendres, mais transmettre le feu. » Ainsi, il convient de distinguer clairement la tradition du traditionalisme. Là où le traditionalisme enferme dans la nostalgie d’un passé idéalisé, la tradition invite à s’approprier une histoire commune afin de la dépasser et de construire l’avenir. Là où le traditionalisme exclut au nom de la différence, la tradition intègre, évolue et s’enrichit des apports nouveaux qu’elle rencontre.
À l’Ensosp, la tradition est pleinement vivante. Elle se transmet notamment à travers nos enseignements, en particulier au sein de la discipline « protocole, histoire et comportement », qui rappelle le sens des usages, des symboles et des attitudes attendues du cadre de la sécurité civile. Elle s’incarne également dans nos temps forts collectifs : la participation aux défilés du 14 Juillet, les cérémonies de baptême de promotion, de remise des sabres et des épées, la célébration de la Sainte-Barbe. Ces moments ne sont pas de simples rites formels ; ils sont des repères, des vecteurs de cohésion et des marqueurs d’identité.
Notre tradition est riche et plurielle. Elle s’est construite au fil du temps grâce à des femmes et des hommes aux origines diverses : moines, gardes-pompes, sapeurs-pompiers volontaires, professionnels et militaires. Cette diversité a forgé une histoire solide, qui nous permet aujourd’hui d’envisager l’avenir avec confiance, tout en restant ouverts à l’adaptation nécessaire.
La transmission de nos traditions fondatrices est une responsabilité partagée. Elle nous incombe naturellement en tant qu’officiers, mais elle nous concerne tous. Nourrir la tradition, c’est la faire vivre, la comprendre et la transmettre avec exigence et discernement.
C’est ainsi que nous donnons tout son sens à notre devise inspirée de Nietzsche :
« Cultiver le passé, enfanter l’avenir, tel est notre présent ».