Le mot « responsabilité » vient du latin respondere, qui signifie « répondre de ». Être responsable, c’est accepter de répondre de ses actes, d’en assumer les conséquences et d’en rendre compte. La responsabilité dépasse le seul cadre juridique ou hiérarchique : elle est une valeur, une vertu professionnelle, qui engage la lucidité, le discernement et le sens du service.
Agir de manière responsable, c’est comprendre que chaque décision, même la plus discrète en apparence, produit des effets. Dans un monde où nos actions s’entremêlent et s’accélèrent, la responsabilité nous invite à mesurer l’impact de nos choix, aussi bien à court terme que dans la durée. Elle ne doit pas être perçue comme une contrainte qui limite l’action, mais au contraire comme une force qui l’oriente et lui donne tout son sens.
Il y a dix jours, lors de la fin de formation de la promotion « Bleuet de France », nous avons vu de jeunes officiers recevoir symboliquement leur sabre et se préparer à rejoindre leurs services d’incendie et de secours. Ce moment solennel marque précisément l’entrée dans une responsabilité pleine et entière : celle de commander, de décider, d’encadrer, et de représenter leurs pairs au sein de notre corporation.
Notre École a également vécu un temps fort institutionnel : la préparation de notre premier conseil d’administration de l’année. À travers les documents qui y ont été présentés — compte financier, rapport d’activité, rapport annuel d’objectifs — nous avons rendu compte.
Rendre compte de l’usage des deniers publics, démontrer la pertinence des choix opérés, mesurer l’impact de nos actions : voilà une expression concrète de notre responsabilité collective. Dans un contexte où la confiance dans les institutions est régulièrement questionnée, cet exercice ne se limite pas à une obligation administrative. Il est la condition même de la crédibilité et de la légitimité de notre action de service public.
Parfois, une question se pose : jusqu’où un cadre, un manager peut-il engager la responsabilité de son institution au nom de sa propre responsabilité ? Cette interrogation révèle la complexité du lien entre initiative individuelle et engagement collectif. Elle rappelle que notre responsabilité personnelle ne peut jamais se substituer à la légitimité institutionnelle dont nous sommes les garants.
Georges Clémenceau disait « Le chef est celui qui assume ».
Officiers et personnels de l’école, vous devez ainsi considérer la responsabilité comme une de vos valeurs fondamentales. Lorsque vous devrez décider, vous devrez choisir ; et lorsque vous aurez fait un choix, vous devrez l’assumer, en assumer toute la responsabilité. C’est à ce prix que vous serez reconnus comme des chefs et des managers.