Alors que nous accueillons ce soir le professeur, philosophe, Baptiste Rappin, qui nous précisera pendant un peu plus d’une heure le lien entre management et commandement ; alors que les crises se succèdent à un rythme inédit, que les événements climatiques gagnent en intensité, que les incertitudes géopolitiques, technologiques ou sociétales viennent parfois bouleverser nos certitudes les plus établies, je souhaiterais aujourd'hui m'arrêter quelques instants sur une qualité essentielle de l'officier et du cadre en responsabilité : la capacité à manager dans l'incertitude.
Au quotidien, nous parlons de doctrine, de procédures, d'anticipation ou encore de conduite des opérations. Nous évoquons des outils, des moyens, des effectifs ou des objectifs. Mais derrière chacun de ces éléments, une question mérite d'être posée : que reste-t-il lorsque toutes les réponses ne sont pas connues ? Que reste-t-il lorsque les informations sont incomplètes, que le temps manque et que la pression s'accroît ? Il reste le leadership.
Le leadership, ce n'est pas tout savoir. Ce n'est pas disposer de toutes les réponses. Ce n'est pas non plus prétendre maîtriser l'ensemble des paramètres d'une situation.
Le leadership, c'est être capable de décider, de partager une vision malgré l'incertitude. C'est savoir garder un cap lorsque l'environnement évolue. C'est rassurer lorsque l'inquiétude s'installe. C'est fédérer lorsque les difficultés apparaissent.
Parfois, nous doutons... Parfois, nous hésitons... Parfois même, nous devons faire face à des situations inédites. Mais l'officier ou le cadre ne se définit pas uniquement par les décisions qu'il prend. Il se définit aussi par sa capacité à écouter, à s'entourer, à faire confiance aux compétences qui l’entoure.
Car commander ou manager, aujourd'hui plus que jamais, ce n'est pas avancer seul. C'est créer les conditions permettant à chacun de contribuer à la réussite collective.
Dans un monde qui change vite, nous ne serons jamais capables de prévoir toutes les crises. En revanche, nous pouvons préparer les femmes et les hommes qui devront les affronter.
Et cela constitue probablement la plus grande responsabilité des cadres que nous sommes.
Continuons donc à développer nos compétences, notre capacité d'adaptation et notre ouverture aux autres. Continuons à former, transmettre et inspirer. Car face aux crises du XXIe siècle, notre meilleure ressource ne sera jamais la technologie ou les matériels.
Notre meilleure ressource restera toujours l'humain.