Un peu d'histoire : Le sabre des élèves officiers de l'ENSOSP

Un peu d'histoire : Le sabre des élèves officiers de l'ENSOSP

Continuant les fonctions des milices bourgeoises de l’ancien régime, la Garde Nationale est étendue à la province le 20 juillet 1789. Les garde-pompes, ensuite sapeurs-pompiers, y sont rattachés. Ils reçoivent à ce titre l’armement affecté à la Garde qui sera successivement dotée du sabre-briquet (variante du sabre d’infanterie 1767/1814) puis du glaive dit coupe-chou (issu de modèle 1831 d’infanterie), armes à l’efficacité essentiellement subjective !

Les officiers se voient affecter l’épée du modèle 1817/1872 dite à ciselures et, moins répandu, le poignard de feu. Ces accessoires symbolisent le pouvoir, l’autorité ou le commandement.

Cependant les textes successifs ne précisent pas explicitement la nature de l’arme de l’officier. A partir des années 1850, les officiers adoptant une posture plus militaire, s’équipent progressivement et à leurs frais du sabre d’officier d’infanterie 1845, attribué par l’arrêté du 14 juin 1852. Le sabre est ressenti comme plus offensif que l’épée et illustre mieux, leur semble-t-il, le côté « opérationnel » de leur fonction.

Cette arme sera quasi-officielle pendant tout le Second Empire côtoyant, à parts à peu prés égales, les adeptes du port de l’épée.

Au début de la III° république de grandes mutations s’installent dans l’uniforme militaire. Particulièrement pour l’arme : un modèle quasiment unique vient se substituer à tous les modèles antérieurs. Le sabre d’officier d’infanterie modèle 1882 et sa variante cavalerie deviennent d’attribution générale, interarmes dirait-on. L’épée se cantonne alors aux plus hauts gradés, officiers généraux et aux corps civils (préfets, ingénieurs des ponts et chaussées par exemple, mais aussi chefs de gare ou académiciens !)

Le sabre 1882 est ainsi décrit :  "Poignée en corne à filigrane laiton, monture nickelée. Garde à quatre branches. Lame droite à 2 gouttières décalées. Quillon globuleux cintré. Fourreau en tôle de fer nickelé à un bracelet et dard d’acier trempé. Marquage au talon du nom de la manufacture, du modèle et de la date. Dragonne : d’exercice en lames de cuir (avec sifflet pour les exercices), de cérémonie en canetille or toutes armes et de deuil, ovoïde en tresse noire. "

D’un poids de  1250 grammes environ, il est proposé en 3 longueurs de lames adaptées à la taille de l’officier.

Par son arrêté du 17 septembre 1887 le Ministre de l’Intérieur fait adopter une nouvelle tenue pour les corps de sapeurs-pompiers de France et d’Algérie. A la rubrique sabre il est succinctement défini ainsi : « nickelé, modèle des officiers d’infanterie ».

Il est alors fabriqué par des fournisseurs civils : entre autres Manufrance ou Balp de Saint-Etienne et Giroult qui le propose dans son catalogue de 1891 au prix de 25 à 45 francs (soit 80 à 120 euros !)

Il sera porté, parfois marqué de leurs initiales, par les officiers en tenue de sortie, jusqu'au 13 août 1925, date de l’arrêté qui décidera de son abrogation.

Des modèles de luxe, gravés d’attributions ciselées, seront offerts comme armes-souvenirs ou de récompense.

Il est récemment réapparu comme symbole de commandement des élèves-officiers de l’ENSOSP, comme accessoire constitutif de l’uniforme de tradition. Il doit être reçu comme marque d’une continuité historique, lien de la profession à l’histoire de la fonction.

Commandant (er) Dominique PAGES, membre du groupe « Protocole et comportement » de l’ENSOSP

L’acquisition du sabre est possible après inscription auprès du responsable « Protocole » de l’ENSOSP, le sergent-chef Rémy CONTER au 04.42.39.05.45