Lumière sur : Les formateurs de l'ENSOSP

Lumière sur : Les formateurs de l'ENSOSP

En 2015,  l’ENSOSP a réalisé  plus de 83 600 journées stagiaires grâce à l'implication de son réseau de 1436 formateurs: Parmi eux, le Commandant Vincent Schmitt, le Pharmacien de 1ère classe Annie Soulat et le Commandant Eric Batany.

 

Lumière sur le Commandant Vincent Schmitt du SDIS de Charente Maritime (SDIS 17)

Après un passage dans l’industrie à l’école technique de Citroën, Vincent SCHMITT s’est éloigné de cette première orientation dans l’automobile et a choisi de bifurquer vers les sapeurs-pompiers. Il a fait des études classiques dans la profession, un DUT hygiène et sécurité. Et, à l’issue de l’armée, il est devenu lieutenant à Rouen en Seine Maritime en 1994, puis il est parti dans l’Aveyron pendant 8 ans, travaillant dans l’opération et la prévention. Il a ensuite pris un poste dans la formation en Charente Maritime puis a été nommé chef de centre à Saintes pour 4 ans et demi avant de rejoindre la préfecture de l’Aveyron pendant 18 mois. Aujourd’hui, il est dans la prévision toujours dans le même département.

Il intervient à l’ENSOSP depuis 6 ans dans son domaine de spécialité : les Risques Technologiques et Naturels (RTN) dans les formations risques chimiques de niveau 4, le plus haut niveau enseigné à l’école. Il vient en moyenne une semaine par an, un rôle qui lui tient à cœur car il considère que l’école était un vrai carrefour d’échanges et de connaissances. L’intérêt en venant à L’ENSOSP est de ramener ensuite dans les SDIS des éléments qui pourront y être appliqués. Au travers des connaissances dispensées par l’école, des tendances et des innovations se dégagent, à la fois dans le côté pédagogique et dans le matériel ; et c’est notamment vrai dans la spécialité risques chimiques.

C’est précisément cette émulation qui sert l’intérêt pédagogique, pour le Commandant SCHMITT enseigner à l’école, c’est faire l’effort d’aller chercher la nouveauté et de savoir la restituer aux stagiaires. Il considère que la formation n’a d’intérêt que si les gens découvrent des contenus, des partenaires, des gens d’horizons différents. Il faut amener les stagiaires à porter un regard neuf sur des sujets qu’ils pratiquent au quotidien car l’école se doit d’être une tête de pont.

 

 

 

Lumière sur le Pharmacien de 1ère classe Annie Soulat du SDIS de la Haute Vienne (SDIS87)

Annie Soulat a commencé sa carrière par un parcours classique de pharmacien d’officine avant de s’engager comme sapeur-pompier volontaire en 1999. Passionnée par cette activité, elle fait vite le choix d’entamer une formation initiale de sapeurs-pompiers et passe le concours en 2002 afin de devenir pharmacien professionnel. Son diplôme lui a été remis à l’ENSOSP lorsque l’école était  encore à Nainville-les-Roches et depuis, elle est toujours affectée au SDIS de la Haute Vienne.

L’activité opérationnelle prioritaire chez un pharmacien est de réarmer tous les véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) du département mais aussi les médecins et infirmiers. Il intervient également dans les crises sanitaires majeures des plans nombreuses victimes et comme conseiller technique dans le domaine NRBCe.

Elle enseigne à l’ENSOSP depuis 2008 auprès de ses confrères pharmaciens gérants sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. C’est tout à fait passionnant car les stagiaires sont des gens d’horizons différents, venus de départements de tailles diverses avec des parcours variés. L’intervenant apporte son expérience et les échanges sont riches. Le public de pharmaciens étant assez restreint, elle vient environ une fois par an. En revanche, elle a récemment beaucoup collaboré avec l’ENSOSP sur des travaux en continu, lors des séminaires de travail consacrés aux référentiels emplois, activités et compétences (REAC et RAC) du Service de Santé et de Secours Médical, qui sont en voie de finalisation.

Elle est également formatrice dans son SDIS et le fait d’intervenir à l’ENSOSP lui semble être une reconnaissance, une valorisation car pour une structure comme le SDIS de la Haute Vienne, le fait d’avoir des personnes qui s’impliquent à l’école nationale démontre qu’à tous les niveaux, il est possible de participer et d’être sollicité.

Ayant à la fois enseigné et participé à la conception des formations, elle pose un regard averti sur la pédagogie à l’ENSOSP et souligne le fait qu’elle est riche et variée car l’école offre des moyens et un cadre intéressant. Ayant connu Nainville et la période transitoire des ALGECO, elle peut faire le comparatif et constater que l’école est un très bel outil, à la fois pour les stagiaires et les intervenants.

 

Lumière sur le Commandant Eric Batany du SDIS de la Guyane (SDIS 973)

Eric Batany a commencé sa vie professionnelle comme infirmier dans l’armée de l’air où il a passé son monitorat de 1er secours en 1988. Etant responsable du secourisme sur sa base, il faisait intervenir des pompiers de la ville de Troyes et de Romilly-sur-Seine et c’est grâce à ces rencontres qu’il a décidé de passer le concours de sapeur-pompier non officier, il l’a réussi et été recruté un an après dans son département d’origine, le Finistère au centre de secours de Brest.  Il n’y avait pas d’infirmier sapeur-pompier professionnel à l’époque.

Il a passé le concours de lieutenant en 1999 et été affecté au centre de secours de Quimper.

Formateur actif sein de l’école départementale du SDIS29, il a intégré le  pool des formateurs de l’ENSOSP en 2002, il participait à l’animation des séquences « mission CS ». En 2005 il a ensuite été détaché auprès de la collectivité départementale de Mayotte où il a passé 2 ans en tant que responsable de l’Opération avant de retourner dans le Finistère sur un poste d’adjoint au chef de centre à Douarnenez. Après avoir réussi le concours de capitaine en 2007, il a eu de nouveau envie de servir hors de la métropole, en Guyane cette fois-ci, avec pour mission de créer un service prévision. Toujours en Guyane, il travaille à présent à la mise en place d’un groupement à l’ouest du département.

Pour l’ENSOSP, il intervient en gestion opérationnelle et commandement (GOC). Ce peut-être sur des formations déconcentrées dans les départements partenaires que sont la Martinique, la Guadeloupe ou la Guyane ou deux fois par an sur le pôle pédagogique de l’ENSOSP pour le maintien de ses acquis. Pour lui, il est important de garder le contact avec l’école car il est sensible à la notion d’économie de la connaissance, il s’agit de voir l’intervenant comme le détenteur d’une valeur qui sera multipliée par le nombre de stagiaires présents. L’enseignant ne s’appauvrit pas tandis que le groupe s’enrichit.

Il souligne plus particulièrement la constante évolution des moyens pédagogiques à l’ENSOSP, qui semble suivre une courbe exponentielle. "A Nainville-les-Roches, les séquences de « missions CS » s’articulaient autour d’un plateau de « jeu », et les jetés de dés rythmaient l’animation, c’était sommaire". "Aujourd’hui, en GOC, avec les mises en situation opérationnelle, le séquençage de la prise d’information est beaucoup plus fin, les méthodes et outils pédagogiques sont modernes. Les formations sont de très haut niveau, nous avons beaucoup progressé sur le plan pédagogique, sur le plan matériel et sur les compétences à acquérir ". Un autre aspect important, pour le Commandant Batany, c’est que chacun joue son rôle, participe à l’effort de formation : recevoir la culture, la formation ou la connaissance, c’est aussi avoir le devoir de les restituer ensuite, de partager le plus largement possible ce que l’école nous a donné.