Interview de Matthieu Lacaille, secrétaire général de l'ENSOSP

Interview de Matthieu Lacaille, nouveau secrétaire général de l'ENSOSP

Votre carrière peut être scindée en 2 grandes parties, pourriez-vous nous parler de la première, votre carrière militaire ?

Je suis rentré dans l’armée en 1988, et un an après j’ai intégré l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, la formation initiale des officiers de l’armée de terre. A l’issue, j’ai choisi l’arme blindée cavalerie, les chars. J’ai été successivement chef de peloton, officier adjoint puis commandant d’un escadron de chars AMX 30 B2, au sein du 2ème puis du 5ème régiment de Dragons. Ces affectations étaient en Picardie et Franche-Comté, elles m’ont amené à faire pas mal d’opérationnel. J’ai ainsi travaillé dans des camps de manoeuvre (Mailly, Mourmelon) et sur des champs de tir canon dans le cadre d’entraînement et de contrôles opérationnels. Le régiment où je commandais un escadron de 13 chars avait une spécificité montagne, ce qui m’emmenait dans les Alpes, en été et en hiver pour des camps d’aguerrissement.

En 1999, j’ai commandé une compagnie outre-mer en Nouvelle- Calédonie en 1999 avec des appelés du contingent, des engagés volontaires et des réservistes. Ce fut une expérience très enrichissante qui m’a beaucoup marqué.

Puis dans le contexte difficile du passage à l’an 2000 j’ai commandé une compagnie de marche pour remplir des missions de service public, à la fois à cause de la tempête de 1999 et du naufrage de l’Erika. Ce furent mes premières collaborations avec les sapeurs-pompiers dans l’Aube et en Loire-Atlantique.

Ensuite pour poursuivre mon cursus d’officier, j’ai été formé aux procédures et techniques d’état-major dans une école, puis j’ai préparé le concours de l’école de guerre. C’est un concours interarmées permettant d’accéder, pour faire le parallèle avec le monde sapeur-pompier, aux emplois supérieurs de direction et surtout aux temps de commandement pour les chefs de corps. Je suis ainsi parti servir comme officier traitant dans l’état-major du Gouverneur militaire de Paris, je m’occupais plus particulièrement de la partie gestion et pilotage du patrimoine immobilier en Ile-de-France et Outre-mer. J’avais également d’autres fonctions plus opérationnelles comme la préparation du 14 juillet, des renforts pour les crises et la mise en œuvre du plan VIGIPIRATE.

Pendant cette période, j’ai aussi été déployé en opération extérieure à Kaboul en Afghanistan en 2006 en tant qu’officier de liaison français au sein de l’état-major américain « Operation Enduring freedom » de lutte antiterroriste et formation de l’armée afghane, là encore une expérience très forte.

 

Ensuite, vous avez continué à servir l’Etat dans le civil, pouvez-vous revenir sur ces étapes ?

Arrivé au grade de lieutenantcolonel en 2007, j’ai eu l’opportunité de préparer le concours d’administrateur civil et j’ai eu un 1er poste après une formation à l’ENA de quelques mois au ministère de la santé et des sports où je m’occupais du déploiement de Chorus (le système d’information financier de l’État), du contrôle interne comptable et j’étais responsable ministériel des achats.

Puis j’ai candidaté pour être chef du bureau des marchés publics de la police nationale avant qu’un service unifié ne soit créé pour les achats et la logistique du ministère de l’intérieur, le SAELSI. Au sein de ce nouveau service, je me suis occupé de la gestion du portefeuille des marchés publics existants.

 

Vous êtes arrivé à l’école depuis environ 1 mois, quelles sont vos premières impressions ?

D’abord, je suis très satisfait d’avoir rejoint l’école. Mon parcours professionnel y trouve une continuité. Par ailleurs, la dimension stratégique du poste de secrétaire général est très motivante. La devise de l’école porte la mention « Cultiver le passé » : je suis attaché aux traditions, au respect pour le drapeau, aux valeurs républicaines et à celles de l’Ecole que je rattache volontiers à celles qui ont ponctué ma carrière jusqu’à maintenant. « Enfanter l’avenir » est la deuxième partie de la devise, je vais donc, avec mes équipes du Secrétariat général, mettre en application les feuilles de route de chaque division.