Entretien avec le Professeur Alain Léon au sujet du DIU Urgence

Entretien avec le Professeur Alain Léon au sujet du DIU Urgence

Placé sous l’autorité scientifique de 5 universités (Victor Segalen à Bordeaux, Bretagne Occidentale à Brest, Louis Pasteur à Strasbourg, Louis Fourrier à Grenoble et Champagne Ardenne à Reims), l’enseignement des modules Urgence et Santé Publique du Diplôme Inter-Universitaire des Médecins et Infirmiers Sapeurs-Pompiers, est dispensé suivant un enseignement présentiel, déconcentré et à distance.

Il répond ainsi aux préoccupations de disponibilité que rencontre la grande majorité des officiers volontaires du Service de Santé et de Secours Médical (SSSM).

L’élaboration du contenu et de l’enseignement de cette formation sont l’objet d’une coopération étroite et d’un partage des tâches entre les universités et l’ENSOSP. Ce diplôme existe depuis la fin des années 90 et a subi une refonte complète dans le cadre de son module urgence voici 4 ans.

Depuis sa création, la formation a porté sur une population de 1500 et 2000 médecins et infirmiers de Sapeurs-Pompiers professionnels et volontaires, et le temps est venu désormais de mettre en place une suite pédagogique sous forme d’un Diplôme Inter Universitaire de Formation Complémentaire en urgence, dont la « clientèle » potentielle est de plusieurs centaines de ces médecins et infirmiers précédemment formés. Celui-ci aura pour but l’amélioration des pratiques professionnelles dans le respect du rôle propre des composantes d’une équipe engagée dans la prise en charge de l’urgence. Il sera placé sous la coordination scientifique du professeur Alain Léon et les coordinations pédagogiques, fonctionnelles et organisationnelles du Service de Santé et de Secours Médical de l’ENSOSP.

C’est à l’occasion du premier groupe de travail pédagogique que nous avons pu procéder à l’interview du Professeur Alain Léon. Il est Anesthésiste Réanimateur et professeur d’université au CHU de Reims, en charge d’un pôle d’activités qui regroupe à la fois les activités d’urgence, de réanimation, d’anesthésie et un centre de la douleur. Il est également coordinateur scientifique du nouveau Diplôme inter-universitaire en urgence

Qu’est-ce que ce DIU en urgence ?

Ce DIU module urgence est un diplôme inter-universitaire qui est réalisé en partenariat avec l’ENSOSP et cinq universités de médecine : deux facultés de médecine qu’on peut qualifier de fondatrices, Bordeaux et Strasbourg et trois facultés qui ont rejoint les deux premières il y a quelques années , Grenoble, Bordeaux et Reims.

Ce DIU a pour objectif d’assurer la formation des médecins et infirmiers sapeurs-pompiers

Pouvez-vous nous parler de la pédagogie par la simulation ?

La simulation est une méthode pédagogique qui est utilisée depuis fort longtemps dans les pays anglo-saxons et que nous avons découverte et développée dans notre faculté depuis un peu plus de 10 ans maintenant. Elle a pour objectif de placer les apprenants dans des situations identiques à celles qu’ils peuvent rencontrer dans la vie de tous les jours, dans l’urgence de tous les jours, sans avoir à toucher au malade car la 1ère fois ne doit jamais avoir lieu avec un patient. La 1ère fois ce doit être sur un mannequin ou l’équivalent d’un mannequin.

Beaucoup d’exercices de simulation font appel à des techniques très sophistiquées, des mannequins entièrement automatisés ou des simulateurs partiels (par exemple, un bras pour apprendre à perfuser, c’est un simulateur.)

Que pensez-vous du SIMURGE, l’outil de l’ENSOSP pour la simulation ?

L’ENSOSP a un outil extraordinaire dans la mesure où non seulement on peut y réaliser des simulations sur des simulateurs partiels et sur des simulateurs totaux mais, plus que ça, le SIMURGE possède aussi des locaux qui permettent de contextualiser totalement la prise en charge des victimes.

Quel est l’apport de l’enseignement à distance pour un DIU ?

L’enseignement à distance est une méthode non pas nouvelle mais qui prend beaucoup d’importance à l’heure actuelle puisque cela évite aux apprenants de se regrouper et donc de faire du chemin vers les enseignants. Là, c’est le contraire, c’est l’enseignant qui va, via internet, vers l’apprenant. C’est une méthode qui permet en fait de préparer l’apprenant aux enseignements regroupés voir même aux séances de simulation. Par ailleurs c’est aussi une méthode qui permet d’évaluer l’étudiant en vue d’une séance de regroupement.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le partenariat entre l’ENSOSP et les universités ?

Notre partenariat avec l’ENSOSP a un peu plus de 4 ans, c’est un partenariat intelligent puisque nous partageons des missions communes et les idées qu’il y a derrière, c’est « d’universitariser » la formation continue des médecins et infirmiers sapeurs-pompiers d’une part et d’autre part, d’inscrire totalement la formation que nous proposons dans le développement professionnel continu des professionnels de santé.

Nous sommes vraiment inscrits dans cette dynamique-là, c’est une démarche qui est obligatoire pour tout professionnel. Nous apportons, d’une certaine façon, non pas une caution, mais en tous cas un accessit supplémentaire.